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Sens tués des arpitans (patouésans) tot u tôrn du Mont-Blanc !

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Re : "Le Francoprovençal n’est pas l’Arpitan"

mercredi 3 mai 2017, par Dzakye

Rèponse de Dzakye à l’aticllo
de INSTITUT DU SAVOYARD lo 15 de mê 2016 Dens ARTICLES, DÉBATS, NEWS
de Pierre Grasset

Savoir discuter ensemble est tout un art. Il faut avoir la volonté de se comprendre, de construire ensemble pour vraiment se comprendre.

Les argumentaires pour ou contre le terme ’arpitan’ peuvent être discutés point par point, la qualité des syllogismes également. La discipline et le temps nécessaire à cela manque manifestement à notre monde moderne.

Je pense cependant qu’il vaudrait mieux regarder les choses de plus haut. Quel point de vue prioritaire adoptons-nous dans toute cette argumentation ?
Je cite quelques points de vue librement.

Le point de vue stratégique

  • "Ne nous disputons pas sur un terme, nous avons déjà bien des problèmes à soutenir ensemble notre langue".
  • "Le terme francoprovençal est déjà très répandu, n’en changeons pas, cela prendra trop de temps".

Le point de vue "sérieux" lié à la science, à la "logique", ou à la tradition.

  • "Le terme vient d’un universitaire, il a une tradition vieille de 150 ans".
  • "Le terme arpitan est lié aux "arpians" (bergers de montagne) et il n’y en a que peu dans une très grand partie du domaine linguistique"

Quel que soit le point de vue qu’on adopte, on s’enferre dans un discussion détaillée, au lieu de se demander à quoi cela rime, en fin de compte. Et cela me réjouit, n’en déplaise à M. Grasset, d’entendre certaines personnes pragmatiques dire : "On veut aller de l’avant avec le terme "arpitan" comme synonyme de "francoprovençal", au-delà des préférences personnelles ; on veut défendre la réalité du patois tout autour du Mont-Blanc. Et point barre !"

M. Grasset, je pense que la diversité de nos points de vue reflète incidemment la diversité de nos dialectes francoprovençaux/arpitans et je m’en réjouis. Nous pouvons vivre avec cette diversité.

Mais bien sûr, tout de même, à propos du "vivre ensemble"...

Malheureusement, de manière traditionnelle, les locuteurs et écrivains de nos différents dialectes francoprovençaux/arpitans n’ont que peu échangé. Les fêtes de la FRIP (Fédération Romand et Interrégionale des Patoisants) n’ont lieu que chaque quatre ans et il ne s’agit ’que’ de se voir brièvement, pas d’échanger des choses essentielles. Les rencontres internationales annuelles ne se font que depuis peu et ne sont pas suivies uniformément. Et quels échanges s’y pratiquent ? Les patois se retrouvent mêlés de manière plus profonde dans "L’Ami du Patois", mais souvent il s’agit uniquement des patois de Suisse ; c’est déjà pas mal, j’en conviens, car les différences sont riches.

L’écriture supradialectale ORB, qu’on veut absolument dénigrer en la cantonnant à "Dominique Stich" (sous-entendu à un ’hurluberlu’, alors qu’il est docteur en linguistique de la Sorbonne, avec Henriette Walter comme maître de thèse !), est une écriture sérieuse, basée sur des études approfondies et qui avait pour but affiché le PARTAGE entre les dialectes des TEXTES DE LITTÉRATURE francoprovençaux/arpitans par le prisme d’une présentation unifiée de chaque dialecte. Chaque dialecte pouvant garder ses mots, sa syntaxe, ses particularismes, mais essayant de présenter ses écrits dans une graphie standardisée allant au-delà de la prononciation particulière du dialecte en question.

Hélas, les patoisants insistent toujours et traditionnellement sur leur différences :

  • "Tu vois, ce mot ne se prononce pas exactement comme ça chez nous !"
  • "Nous on ne dit pas ça comme ça. On t’a compris, mais nous on dirait plutôt ça comme ça, avec un autre mot. On comprend ton mot, mais il n’est pas courant chez nous.".

On a déjà glosé sur les raisons de cette insistance sur les différences, souvent pour la justifier. Raison identitaire, comme cela a été avancé. Peut-être aussi pour des raisons de divertissement : On avait si peu de divertissement à l’époque. A part danser et boire, il fallait savoir quel ’étranger’ il fallait invectiver ou avec qui en découdre par les poings : "Je sais que tu es de ce coin, alors je sais qui je dois taper dessus, ou en tout cas insulter. T’es qu’un d’outre-là ".

Davantage d’échanges, de rapprochements entre les patoisants c’est ce que nous désirons tous. C’est intéressant de se comparer, d’échanger. C’est aussi enrichissant ! Pourquoi ne pas s’enthousiasmer pour cela, au-delà des querelles de termes.

Que de peurs dans ce jugement des "arpitanistes". Oui, il y a des échanges, du travail fait en commun, entre autres effectué sur le "trésor arpitan" : http://arpitan.eu/ . Ce n’est pas rien, ce n’est pas juste anecdotique, ce que font les "jeunes" (plus tout jeunes). Il y a une envie d’avancer, de bouger, de vivre le francoprovençal/l’arpitan tous les jours sur la toile, car que les anciens le veuillent ou non, c’est une bonne partie de la vie d’aujourd’hui qui s’y passe !

Intéressons-nous les uns aux autres. Qui suit le travail des autres régions ? A propos, les balados de quelques associations de patoisants sont réunis ici : http://www.oarp.eu/balados-des-associacions.html Qui s’est enthousiasmé pour faire une vraie radio transfrontalière du francoprovençal/arpitan ? La plateforme existe : http://www.oarp.eu J’en suis le rédacteur et je suis tout ouvert à y insérer vos programmes.

Por l’amor de Diô, arretens-vêr de nos chencaniér.
Dèfendens et continuens de fére (fare) vivre la noutra lengoua !

Dzakye